Physique solaire et stellaire
Présentation
L’équipe Physique solaire et stellaire a pour objectif d’apporter des éléments de réponses à quelques questions-clés de physique solaire et stellaire, telles que le processus de chauffage de la couronne ou la structure des intérieurs solaire et stellaires. Le champ magnétique jouant un rôle fondamental dans la structuration des atmosphères des étoiles de type solaire, il devient possible de mieux comprendre le couplage entre la fabrication interne du champ magnétique et ses manifestations extérieures. Les deux grands thèmes sont donc: dynamique et structure interne du Soleil et des étoiles et diagnostic et chauffage des couches extérieures.
« Comprendre les phénomènes physiques du Soleil et des étoiles, depuis leur structure interne jusqu’à leur atmosphère externe, en étudiant leur dynamique, leur chauffage, et leurs interactions avec l’espace interplanétaire.
Éric Buchlin, Responsable de l'équipe solaire et stellaire
Les objectifs de notre équipe concernent donc le Soleil et les étoiles de manière générale. Nous nous intéressons aux étoiles de leur cœur jusqu’à leur atmosphère lointaine, ténue mais parfois étonnamment chaude, en particulier dans le cas du Soleil.
Les deux grands thèmes sont :
- Dynamique et structure interne du Soleil et des étoiles (Héliosismologie et astérosismologie) en savoir plus
- Diagnostic et chauffage des couches extérieures (Chauffage coronal et accélération du vent solaire ; Diagnostic et modélisation des protubérances; Activité stellaire…) en savoir plus
Les résultats de l’équipe en ces domaines (pour la période 2008-2013) sont résumés dans ce bilan (publications de l’équipe pour cette période).
Pour mener ses travaux, l’équipe s’appuie sur plusieurs missions spatiales et l’exploitation de leurs observations disponibles dans plusieurs centres de données.
L'équipe
- Thierry Appourchaux
- Frédéric Auchère
- Frédéric Baudin
- Karine Bocchialini
- Patrick Boumier
- Eric Buchlin (coordinateur)
- Lucie Degott
- Jacques Dubau
- Ganushan Ganesaratnam
- João Marques
- Slimane Mzerguat
- Robin Odant (stagiaire)
- Susanna Parenti
- Charly Pinçon
Collaborateurs externes réguliers
- José Dias Do Nascimento
- Miho Janvier (détachement à l’ESA)
- John Leibacher
- Barbara Perri
Traitement des données
L’équipe appuie ses travaux sur des observations effectuées par des missions spatiales (dont une grande partie encore en opération).
Les membres de l’équipe s’investissent dans des centres de données à l’IAS dont ils assurent la responsabilité et l’animation scientifique.
Pour la physique solaire, c’est le centre MEDOC, pôle thématique national de physique solaire spatiale. Pour la sismologie stellaire, c’est l’archive mission de CoRoT, composante «Systèmes stellaires» du centre IDOC.
Dynamique et structure interne du Soleil et des étoiles
Les étoiles, dont le Soleil, sont très souvent affectées par des oscillations autour de leur structure d’équilibre (des modes propres de vibration) qui se manifestent par un déplacement périodique de leur surface et une variation aux mêmes périodes de la luminosité de l’étoile. La vitesse de déplacement de la photosphère peut être mesurée par effet Doppler, et la photométrie de précision permet de distinguer les oscillations de luminosité. Ces mesures sont la base observationnelle de l’héliosismologie en ce qui concerne le Soleil, et de l’astérosismologie pour les étoiles en général.
Ces oscillations sont suscitées par deux types de forces qui vont tendre à ramener la structure à l’équilibre après qu’une perturbation quelconque l’en ait éloignée: la pression, qui donne lieu à des ondes sonores, et la poussée d’Archimède, qui donnera lieu à des ondes dites de gravité.
L’étude des modes naturels de vibration des étoiles fournit des informations essentielles pour comprendre leurs propriétés physiques : ces modes dépendent de la structure interne de l’étoile: variation de densité, de température, de composition chimique (abondance d’Hélium et autres éléments plus lourds), ou encore du profil de rotation interne de l’étoile.
L’IAS est impliqué dans l’observation et l’interprétation de plusieurs missions spatiales dédiées à l’héliosismologie ou l’astérosismologie.
A bord du satellite SOHO (ESA/NASA) qui observe le Soleil depuis le point de Lagrange, l’IAS assure les responsabilités scientifiques et techniques de l’instrument GOLF (Global Oscillations at Low Frequencies), destiné à observer les oscillations solaires globales en vitesse avec une sensibilité spectrale de l’ordre de 1mm/s. Le LOI (Luminosity Oscillations Imager) de VIRGO/SOHO est un instrument qui mesure les oscillations en intensité grâce à un imageur constitué de 12 pixels. L’IAS est aussi impliqué sur les aspects sismologie de la mission Picard du CNES qui observe le Soleil depuis une orbite terrestre.
Côté sismologie des étoiles, l’IAS est très impliqué dans la mission Corot du CNES qui, en se basant sur des mesures photométriques de haute précision, a pour objectifs scientifiques principaux la détection et l’étude des vibrations stellaires et la recherche des planètes extra-solaires. Cette mission a permis d’élargir les possibilités de la sismologie à d’autres étoiles que le Soleil, certaines ressemblant au Soleil, d’autres bien différentes comme les étoiles en fin de vie que sont les géantes rouges.
L’IAS participe aussi à l’analyse et l’interprétation des données de la mission Kepler (NASA) qui a élargi encore plus le nombre d’étoiles permettant un sondage sismique et donc une meilleure connaissance de l’intérieur des étoiles et de leur évolution.
Diagnostic et chauffage des couches extérieures
- Chauffage de la couronne solaire
La haute atmosphère solaire (la couronne) présente la caractéristique étonnante d’être maintenue en permanence à des températures de l’ordre du million de degrés, avec des épisodes au cours desquels la température peut être encore plus élevée, alors que la surface du Soleil n’atteint pas les 6000 degrés. Ces températures ne peuvent s’expliquer que si les pertes d’énergie thermique (par conduction, convection et rayonnement) sont compensées par une importante dissipation d’énergie, probablement d’origine magnétique.
Les processus physiques conduisant à cette dissipation sont complexes et impliquent des échelles très grandes (100000km) et très petites (100m). L’existence de petites échelles certainement créées par la turbulence est indispensable pour que les mécanismes de dissipation soient efficaces. Pourtant, au-delà du problème consistant à expliquer des observations de plasma chaud dans la couronne, la compréhension de ces processus est importante à la fois parce qu’ils pourraient expliquer la formation des couronnes des autres étoiles que le Soleil, et parce qu’ils interviennent dans les relations entre le Soleil et la Terre, parfois tumultueuses lors des tempêtes solaires.
Les activités de l’équipe sur ce thème concernent essentiellement les points suivants : l’étude statistique d’événements de chauffage, la simulation de leurs effets observables, l’observation des effets de la dissipation de certaines ondes, et le chauffage dans les « plumes » des trous coronaux polaires.
- Protubérances solaires et phénomènes éruptifs
Les protubérances solaires sont des structures magnétiques à grande échelle où un plasma froid (moins de 104 K) et dense est confiné au sein de la vaste, chaude (106 K) et diluée couronne. En soi, l’existence même de ces structures constitue un véritable défi pour les physiciens, à la fois en termes d’équilibre des forces et d’énergie. Comme une protubérance (couramment appelée filament quand vue sur le disque comme une région sombre allongée) se situe toujours au-dessus d’une ligne d’inversion de polarité du champ magnétique, on devine aisément le rôle de la force de Lorentz pour empêcher la matière de tomber. En réalité, la situation est évidemment plus complexe, ne serait-ce que par la présence d’une filamentation de la matière, variable à la fois dans le temps et l’espace, par la nature du plasma qui hésite entre état totalement ionisé et totalement neutre, par la propagation et la dissipation d’ondes diverses, etc …
L’existence même, ainsi que l’évolution de ces structures en font un véritable laboratoire naturel de plasmas astrophysiques, mais il y a une autre raison pour les étudier, c’est le rôle important qu’elles jouent, en association avec les éruptions et les CMEs, dans la Météorologie de l’Espace.
- Activité magnétique des étoiles
Le magnétisme joue donc un grand rôle dans la physique des étoiles. Celui-ci se manifeste sous diverses formes: éruptions, taches sombres, structures à grande échelle (boucles coronales ou protubérances). Dans le cas des étoiles, les mesures photométriques récentes permettent de déceler la signature de taches sombres à la surface des étoiles, a priori similaires aux taches solaires. Mais la variété (en âge, en masse) des étoiles fait que l’ampleur de ces signatures varie grandement d’une étoile à l’autre, permettant de dresser le paysage du magnétisme stellaire, donc de situer notre étoile parmi les autres et par là de contribuer à comprendre son magnétisme et ses variations (cycliques à 11 ans par exemple pour le Soleil).
